martedì, 27 gennaio 2009

Que mes mots s’envolent vers Toi !

 

« Ce n'est pas toi que j'aime, c'est bien plus, c'est mon existence, qui m'est donnée à travers toi. »

Frank Kafka, Lettres à Milena

 

À qui s'adresse la Lettre ?

De qui vient-elle?

Que contient-elle?

Ces questions ouvrent mon commentaire sans toutefois résumer ou rassembler ce qui s'y dessine.

L’art épistolaire, qu'il s'agisse de Lettres authentiques ou fictives, permet une construction de l'image de soi, à la fois adaptée au destinataire et choisie par l’épistolier.

Comme l’écrit Bernard Beugnot : «  L’épistolier est un artisan de soi. »

 

Ces questions ne mériteraient pas d’être promues au rang d’interrogatifs si elles ne renvoyaient qu’à un sentiment désagréable ; en fait, ce sentiment nous met en rapport, sans discrétion, avec la tragédie. Le problème de la Lettre, ou plus précisément de l'envoi de la Lettre, est tragique pour autant que l'envoi ne garantit pas la relation, le lien, qu'on désire désespérément instituer. Le drame vient de l'absence de lien. Mais surtout, le drame provient du caractère non assuré du lien, de sa précarité, car une Lettre peut toujours ne pas arriver à destination. Il faut toujours craindre qu'une Lettre se perde, que la correspondance soit rompue.

La Lettre d'Amour, s'écrivant dans la distance, implique toujours une certaine différance du contact ; la Lettre d'Amour n'est jamais sûre d'atteindre ce qu'elle vise, même si elle arrive. Pourtant la Lettre d'Amour est indissociable de la singularité d'un désir, désir d'atteindre, non pas un Autre, mais cet Autre-ci : l'Autre en tant qu'Unique. En tant que trace singulière et singularisante, la Lettre d'Amour cherche à instituer l'Autre en tant qu'Autre, en l'appelant par son nom, même quand elle ne le nomme pas. Mais si la Lettre d'Amour s'écrit toujours dans la distance, elle s'écrit également en opposition à la distance, contre elle ; elle désire combler la béance et se résoudre en elle. Puisque la venue de l'Autre signerait la mort de l'Autre comme Autre, la mort de l'Amour et la mort de l'Ecriture. Aussi, la Lettre d'Amour, tout en appelant l'Autre et en allant à sa rencontre, veille à préserver la distance. De façon plus précise, la Lettre d'Amour travaille au profit de cette rencontre à venir - qui ne vient jamais – en suscitant un double mouvement : de soi à l'Autre et de l'Autre à soi. L'envoi de la Lettre à un sens pour autant qu'elle fournit l'occasion à l'Ego de se réfléchir dans la figure d'un Alter-ego, réduit ici à une figure purement spéculaire, un Autre soi, c'est-à-dire tout sauf de l'Autre.

Le secret de la Lettre d'Amour, ce qui ne cesse de se nier en se disant et qui, par là, se dit en se niant, réside dans le désir d'être l'Autre, littéralement. Le secret de la Lettre d'Amour c'est de croire à l'indistinction, à l'indifférenciation entre « moi » et « toi », c'est qu'il n'y ait pas d'expéditeur, pas d'adresse ; c'est de bouleverser l'ordre de la communication, c'est d'être parole errante entre « toi » et « moi », que nous pouvons nous approprier, l'Un dans l'Autre, l'Un pour l'Autre. 

Il suffit de relire quelques Lettres à Milena pour s'en convaincre :

 

« Au lieu de dormir, j'ai passé la nuit avec tes lettres (pas tout à fait volontairement, je dois l'avouer). Cependant, je ne suis pas encore dans le dernier dessous. A vrai dire, je n'ai pas reçu de lettre, mais cela ne fait rien non plus. Il vaut beaucoup mieux maintenant ne pas s'écrire chaque jour ; tu t'en es rendu compte en secret, avant moi. Les lettres quotidiennes, au lieu de fortifier, dépriment ; autrefois, je buvais ta lettre d'un trait, et je devenais aussitôt (je parle de Prague, non de Merano) dix fois plus fort et dix fois plus altéré. Mais maintenant, c'est tellement triste ! Je me mords les lèvres en te lisant ; rien n'est plus sûr sauf la petite douleur dans les tempes. Mais peu importe, excepté une chose, une seule chose, Milena : d'abord, ne pas tomber malade. Ne pas écrire est bon (combien de jour me faut-il pour venir à bout de deux lettres comme celles d'hier, Sotte question, peut-on venir en venir à bout en deux jours ?), mais il ne faut pas que la maladie en soit la cause. Je ne pense qu'à moi en parlant ainsi. Que ferais-je si tu étais malade ? Très probablement, ce que je fais maintenant, mais comment ? Non, je ne veux pas y songer. Et pourtant, quand je pense à toi, toujours étendue dans ton lit, comme tu étais à Gmünd le soir, dans le pré (où je te parlais de mon ami et où tu écoutais si peu). Et ce n'est pas une image douloureuse, c'est proprement le meilleur au contraire de ce que je suis capable de penser en ce moment : tu es au lit, je te soigne un pue, je vais, je viens, je te pose la main sur le front, je m'abîme dans tes yeux quand je me penche sur toi, je sens ton regard qui me suit quand je vais et viens dans la chambre, et je sens toujours, avec un orgueil que je ne peux plus maîtriser, que je vis pour toi, que j'en ai la permission, et je remercie le destin parce que tu t'es un jour arrêtée près de moi et que tu m'as tendu la main. Et ne serait-ce qu'une maladie qui passera bientôt et te laissera mieux portante que tu n'étais auparavant, et dont tu te relèveras plus grand, tandis qu'un jour, bientôt, et espérons-le, sans douleur et sans bruit, je m'enfoncerai dans la terre. Ce n'est pas cela qui me tourmente, mais l'idée que tu tombes malade si loin de moi. »

Franz Kafka, Extrait de Lettres à Milena – août 1920 –

 

« Voilà déjà bien longtemps Madame Milena, que je ne vous ai plus écrit, et, aujourd’hui encore, je ne le fais que par suite d’un hasard. Je n’aurais pas au fond à excuser mon silence, vous savez comme je hais les lettres. Tout le malheur de ma vie - je ne le dis pas pour me plaindre mais pour en tirer une leçon d’intérêt général - vient, si l’on veut, des lettres ou de la possibilité d’en écrire. Je n’ai pour ainsi dire jamais été trompé par les gens, par des lettres toujours ; et cette fois ce n’est pas par celles des autres mais par les miennes. Il y a là en ce qui me concerne un désagrément personnel sur lequel je ne veux pas m’étendre, mais c’est aussi un malheur général. La grande facilité d’écrire des lettres doit avoir introduit dans le monde - du point de vue purement théorique - un terrible désordre des âmes : c’est un commerce avec des fantômes, non seulement avec celui du destinataire, mais encore avec le sien propre ; le fantôme grandit sous la main qui écrit, dans la lettre qu’elle rédige, à plus forte raison dans une suite de lettres où l’une corrobore l’autre et peut l’appeler à témoin. Comment a pu naître l’idée que des lettres donneraient aux hommes le moyen de communiquer ? On peut penser à un être lointain, on peut saisir un être proche : le reste passe la force humaine. Ecrire des lettres, c’est se mettre nu devant les fantômes ; ils attendent ce moment avidement. Les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les fantômes les boivent en route. C’est grâce à cette copieuse nourriture qu’ils se multiplient si fabuleusement. L’humanité le sent et lutte contre le péril ; elle a cherché à éliminer le plus qu’elle pouvait le fantomatique entre les hommes, elle a cherché à obtenir entre eux des relations naturelles, à restaurer la paix des âmes en inventant le chemin de fer, l’auto, l’aéroplane ; mais cela ne sert plus de rien (ces inventions ont été faites une fois la chute déclenchée) ; l’adversaire est tellement plus calme, tellement plus fort ; après la poste, il a inventé le télégraphe, le téléphone, la télégraphie sans fil. Les esprits ne mourront pas de faim, mais nous, nous périrons. »

Franz Kafka, Extrait de Lettres à Milena – début avril 1922 –   

 

Dans ces scènes d'écriture, il n'est pas surprenant que la figure d'Eurydice soit évoquée. Et avec elle, l'impossible transparence. Eurydice est la Femme qui suit, dans l'ombre, sans qu'on puisse la voir ; il faut toujours la deviner, la chercher du regard mais sans se retourner, sans succomber à l'immédiateté. Une nouvelle fois, encore et toujours, la tragédie : la Lettre nous y conduit fatalement.

Rien de plus honteusement fascinant que la correspondance d’un écrivain. Ce type de lecture procure un plaisir particulier et paradoxal :  intellectuel – découvrir obliquement une œuvre – et totalement interdit – satisfaire un certain voyeurisme en découvrant la sphère privée –. Chaque écrivain règle à sa façon la relation réversible, de distance et de proximité, unissant ses Lettres à son œuvre d’une part, à lui-même de l’autre. Observatoire critique, la correspondance rétroagit sur le projet littéraire, aide à le façonner, à le signifier, et constitue une pièce de création stratégique à part entière.

La Lettre est pour Milena ou pour Héloïse, pour Gala ou pour Brenda, ou encore pour une Autre, pas n'importe laquelle, celle qui, même en n'étant pas nommée comme telle, se reconnaît pourtant dans un « toi ».

L’entrée de la jeune traductrice tchèque dans la vie de Franz Kafka est comme un coup de vent frais.

Elle a 24 ans, lui 38.

 

« C’est un feu vivant, tel que je n’en ai encore jamais vu… En outre extraordinairement fine, courageuse, intelligente, et tout cela, elle le jette dans son sacrifice ou, si on veut, c’est grâce au sacrifice qu’elle l’a acquis. »

 

« Milena est comme la mer, forte comme la mer avec ses masses d’eau ; quand elle se méprend elle se rue aussi avec la force de la mer, quand l’exige la morte lune, la lointaine lune surtout. »

 

Ce feu fascine et mine Franz Kafka.

Cette passion, dont les Lettres permettent de suivre le progrès, ne dure qu'un instant, elle tient en quelques mois à peine. Puis leurs Lettres s’espacent, et les Baisers Ecrits s’effacent. Submergé par son angoisse, Kafka condamne Milena à ce qu’elle nommera, dans une Lettre à Max Brod, le « mal d’absence ».

Kafka, lui, cynique envers lui-même comme envers elle, écrit :

 

« Ce qui fut un lien brûlant est maintenant un mur, une montagne, ou, plus exactement, une tombe. »

 

Milena Jesenska mourra vingt ans après Kafka, dans le camp de concentration de Ravensbrück.

 

Que laisserons-nous aux générations futures ?

Des secondes pleines de sensations où nous savons que quelqu'un pense à nous, et va nous l'écrire bientôt.

Des minutes trop courtes pour se dire ce qui pourrait prendre une vie.

Des heures d'attente devant l’ordinateur qui ne voit pas arriver de message.

Des nuits trop longues dans l'envie d'être déjà au lendemain pour ouvrir ses mails.

 

Daniela دانیلا Zini زینی

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venerdì, 23 gennaio 2009

Oggetto di diversi lavori in questo ultimo ventennio, per lo più appannaggio di sociologhe femministe, il Femminismo islamico ci mette di fronte alla domanda: l’Islam e il Femminismo sono due fatti sociali compatibili o non possono esistere che in opposizione?

Molti analisti hanno la tentazione di parlare di donna musulmana, ma non esiste un prototipo univoco di donna musulmana. Le donne che vivono in Marocco si confrontano a codici e costumi diversi da quelli da quelli che esistono in Egitto o in Libano. La condizione femminile cambia da un Paese all’altro. Nonostante che nei Paesi islamici una serie di comportamenti culturali e di istituzioni siano comuni, non c’è uniformità nella legge e nelle tradizioni. Non bisogna neppure dimenticare che all’interno degli stessi Stati indipendenti, la situazione è molto diversa tra zone rurali e zone urbane, ma anche tra classi sociali. Di più, di fronte alla pluralità dei fenomeni migratori, il rapporto della donna con l’Islam e con le istituzioni cambia e si diversifica ancora.

In questo contesto una parte dei movimenti femministi chiede che si riconosca alla donna diritti che tengano conto della specificità del genere e della storia personale, rifiutando l’idea di un diritto precostituito su modello occidentale che sembra ignorare la dimensione sociale, religiosa ed etnica degli altri popoli e comunità. In questo contesto la dimensione religiosa profitta di una nuova centralità. Il suo riposizionamento nei discorsi femministi e le rivendicazioni che ne derivano iniziano a influenzare il dibattito internazionale sulla donna e i suoi diritti. Un’eco di queste discussioni si è, perfino, fatta sentire nel mezzo della Conferenza Internazionale Euromediterranea di Istanbul. Alcune rappresentanti dell’Ong della riva sud-est del bacino hanno, infatti, messo l’accento sulla necessità di un approccio diverso della religione e hanno chiesto di non confondere l’Islam con le interpretazioni misogine dei testi sacri che sono state fornite negli ultimi secoli. Alla luce di questi diversi comportamenti di fronte al tema della religione da parte di una grande parte delle donne e della società della riva meridionale, numerosi analisti, come Anitta Kynsilehto, insistono sull’importanza di questo dato che i politici della regione dovrebbero prendere in considerazione.

Un’espressione di queste nuove rivendicazioni che attraversano il mondo musulmano e i movimenti femminili globali, ecco ciò che sarebbe il preteso Femminismo islamico. Una realtà complessa da definire che assume posizioni molto diverse le une dalle altre. Specchio delle trasformazioni di questi ultimi anni, questa forma di Femminismo riporta l’Islam alla questione dei diritti della donna. La religione, che era stata messa da parte, perfino totalmente esclusa dai movimenti femministi del XX secolo, assume un nuovo ruolo nel XXI secolo: si fa giustificazione e strumento di lotta della donna. L’Islam diviene un alleato contro il maschilismo e il patriarcato; i testi sacri, riletti alla luce dell’ijtihad svelerebbero il carattere giusto ed equo dell’Islam. Sono le interpretazioni date da semplici uomini al messaggio divino che hanno sottratto alla donna i diritti che l’Islam le ha assicurato. L’Islam, una volta liberato dalle interpretazioni maschiliste, rappresenta la garanzia dei diritti e della libertà. Da un’analisi attenta del Corano, si può dedurre che alla donna è garantita ogni libertà così pure un ruolo attivo nella società, afferma la specialista in ermeneutica coranica Asma Barlas. Secondo le femministe islamiche, la via dell’emancipazione femminile e gli strumenti per combattere gli istituti e i codici familiari patriarcali si trovano all’interno della tradizione islamica e non al di fuori, imitando i percorsi di lotta delle europee e delle americane.

Se si presta attenzione alle rivendicazioni delle femministe islamiche, sembra evidente che il nuovo posto accordato alla dimensione religiosa non rappresenta un fenomeno di ritorno al passato ma al contrario l’espressione di una reinvenzione identitaria, individuale e comunitaria. Questa strategia di relazione con la modernità non esclude la partecipazione alla modernità ma la reinterpreta e la riformula in chiave alternativa a quella occidentale. La scelta della religione, intesa sul piano spirituale ma egualmente come presenza politica e l’uso di pratiche che, per alcuni, possono sembrare forme di oppressione o di discriminazione (come a esempio indossare l’hijab) sono vissute come forme liberatorie. Delle pratiche identitarie che, come lo dimostrò Gema Martin Munoz qualche anno fa, sono capaci di accrescere il potere della donna in seno alla comunità o alla famiglia. Molto diversa da un’espressione dell’oppressione maschile, la scelta religiosa sembra il frutto di un’interazione complessa tra cultura, religione, sistemi di significati e credenza, antenne locali di potere e altre strutture ideologiche. Questo processo di riposizionamento della religione, tuttavia, nella vita della donna e nelle sue battaglie è oggetto di violenti attacchi da parte di numerose femministe arabe e/o musulmane (e non solamente) che criticano il concetto stesso di Femminismo islamico e denunciano il rischio che il multiculturalismo e il relativismo culturale offrano un involontario sostegno alle politiche fondamentaliste.

Fatto questo preambolo di ordine terminologico, possiamo ora cercare di comprendere le realtà complesse della donna che si intendono prendere in considerazione. 

L’adozione in Marocco della nuova moudawana, in un clima di consenso politico, costituisce una rara eccezione in un mondo musulmano in cui la condizione femminile è oggetto di dibattito accanito tra modernisti e islamici radicali. Conforme ai precetti del Corano secondo il suo ispiratore, il Re Mohammed VI, il nuovo codice di famiglia marocchino, adottato dalle due camere del Parlamento di Rabat ed entrato in vigore all’inizio del febbraio 2004, non solo instaura regole draconiane per limitare la poligamia e il ripudio e innalza l’età legale del matrimonio della donna da 15 a 18 anni, ma garantisce alla donna più peso in seno alla famiglia, concedendole la possibilità di sposarsi senza l'approvazione di un uomo della famiglia, di prendere l'iniziativa, in un procedimento di divorzio, su basi più egualitarie e sottraendola all’obbligo di essere sotto tutela di un parente di sesso maschile (padre, fratello, marito). Tra il 1982 e il 2004, il numero di figli per donna è passato da 5,5 a 2,5. Il sociologo Emmanuel Todd, autore con Youssef Courbage di uno studio demografico, constata che, se alle donne francesi sono stati necessari centosessanta anni (1760-1910) per vivere una simile evoluzione, in Marocco, questa trasformazione è avvenuta in ventidue anni.

In Africa del nord, se la Tunisia è un’eccezione, con una legislazione molto liberale proclamata, nel 1956, dall’ex-Presidente Habib Bourguiba (1903-2000), l’Algeria vicina dispone di un codice di famiglia, ispirato alla shari’a, che prevede restrizioni drastiche ai diritti della donna. Questa legislazione del 1984, adottata dal partito unico del Fronte di Liberazione Nazionale (FLN), qualificata “codice della vergogna” dalle associazioni femministe, pone la donna sotto tutela e riconosce la poligamia quanto il ripudio.

I progressi della condizione femminile dividono modernisti e islamici nella maggior parte degli altri Paesi musulmani dell’Africa, come il Senegal (95% di musulmani) dove alcune associazioni riunite nel Comitato Islamico per la Riforma del Codice di Famiglia reclamano il rifacimento di un testo giudicato troppo vicino al modello francese. In questo Paese come in Ghana o ancora in Egitto, la persistenza della pratica dell’infibulazione costituisce un altro cavallo di battaglia delle associazioni femministe locali. Teologi musulmani assicurano che questa mutilazione, praticata in una trentina di Paesi africani, musulmani come non-musulmani, non ha niente a che vedere con l’Islam.

Nel Vicino e nel Medio Oriente, cuore del mondo musulmano, il dibattito sulla condizione e i diritti della donna non è apparso che molto recentemente in certi Paesi, dove il soggetto non era emerso per non interferire nel regno secolare delle leggi islamiche applicate alla lettera. È il caso dell’Arabia Saudita – guardiana dei Luoghi Santi –. Se la donna saudita può lavorare, non è, tuttavia, autorizzata a uscire da sola e dipende dalla tutela del marito o del padre. 

La giornalista saudita Rania al Baz, massacrata dal marito, in preda alla gelosia, scrive nel suo libro, Sfigurata:

“Non sono stata picchiata per un principio religioso, ma per gelosia, da un uomo umiliato. Solo per questo. Coloro che si trincerano dietro l'Islam per giustificare un'azione del genere mentono; coloro che pensano sinceramente – e ce ne sono – che il Corano incoraggi tali pratiche, sbagliano. È una faccenda di mentalità maschile, niente di più. Il Profeta ha insegnato l'amore, non certo l'odio che oggi viene propagato da alcuni dei suoi zelatori.”

Rania al Baz ha perdonato suo marito, che se l'è cavata con soli 3 mesi di carcere – rischiava 10 anni e 300 frustate in pubblico –, per ottenere la custodia dei figli, che, altrimenti, avrebbe perso al compimento del loro ottavo anno.

In Giordania, il Re Abdallah II e la Regina Rania hanno preso diverse iniziative per migliorare la situazione della donna nel Regno hashemita, lottando per esempio contro i delitti d’onore. Il delitto d'onore è un problema sociale in un contesto fortemente tribale come quello giordano, dove l'onore degli uomini, sharaf, si misura sul pudore, 'irdh, delle sorelle e delle figlie.

Riflettendo sul New York Review of Books, dopo l'11 settembre 2001, il Premio Nobel turco per la letteratura, Orhan Pamuk, scriveva:

“Nulla può alimentare il sostegno agli "islamici" che gettano acido nitrico sulle facce delle donne quanto il fallimento dell'occidente nel comprendere i dannati della terra”.

In Europa, la Turchia è il paese con la percentuale più bassa di donne in Parlamento e nel mercato del lavoro e la più alta di donne analfabeta. Per il campo laicista la liberazione della donna era già cosa fatta nei primi anni della Repubblica turca, tra il 1924 e il 1934, con l’abolizione della poligamia, l’introduzione del Codice Civile e del Codice Penale e il suffragio alla donna. In realtà, se le leggi cambiavano, i fatti parlavano ancora il vecchio linguaggio. Il capo della famiglia era il marito, la moglie aveva bisogno del suo permesso se voleva lavorare, uno stupratore non veniva punito se sposava la vittima, lo stupro era un reato contro la società e non contro la persona e non esisteva tra coniugi.

Il 20 settembre 2004, una giovane donna di Sanliurfa (Turchia orientale), Gulseren Artuk, di 22 anni, fu uccisa dai tre fratelli e da un nipote minorenne, su decisione della famiglia, per aver confessato di essere rimasta incinta, cinque mesi prima, di un uomo di cui non aveva voluto rivelare l’identità. L'assassinio di Gulseren Artuk era solo l'ultimo di una lunga serie di omicidi "tradizionali" – vale a dire decisi dalla famiglia – prima dell’entrata in vigore del nuovo codice penale (1° aprile 2005), che prevedeva pene più gravi anche per i familiari che incaricavano minori del delitto e segnava la fine dell'attenuante dell'”ingiusta provocazione” per questo genere di delitti, molto frequenti nella Turchia rurale e delle periferie urbane, molto spesso non scoperti o non riportati dai media e che restavano del tutto impuniti. Nel corso del 2004, i casi più noti di delitti tradizionali sono stati quelli di Salkine Demir, della minorenne "N" e di Guldunya Toren. Sakin Demir fu uccisa, su decisione familiare, dal suo stesso figlio. Una ragazza, identificata dai giornali come "N", fu uccisa dal padre, su decisione della famiglia, dopo essere rientrata a casa da una fuga d’amore con il fidanzato. Molto scalpore provocò l'assassinio di Guldunia Toren, rimasta incinta di un familiare, che aveva abusato di lei, e uccisa dai fratelli, che, prima, la ferirono in strada e, poi, la finirono in ospedale.

In un ampio studio del Foro Economico Mondiale del 2006, la Turchia era al 105° posto su 115 paesi riguardo all'eguaglianza tra uomini e donne. Dello stesso anno è una ricerca realizzata dalla Turkish Economic and Social Studies Foundation (Fondazione per gli studi economici e sociali) (TESEV), secondo la quale la strada verso l'emancipazione reale era ancora lunga: solo il 28% delle turche aveva un lavoro e di queste il 42% svolgeva un'attività non retribuita nelle zone rurali. Lo stesso rapporto affermava che il 38% non si copriva mai il capo, il 50% indossava il velo, il 12% il turban annodato fino al mento e solo l'1% il chador.

Resterà famoso il discorso, nel 1979, dell’ayatollah Khomeini: “Ogni volta che in un autobus un corpo femminile sfiora un corpo maschile una scossa fa vacillare l’edificio della nostra rivoluzione.” 

In Iran è ancora forte la discriminazione contro le donne, che sono escluse da molti settori della vita pubblica. L'età legale per contrarre matrimonio è di 13 anni, ma i padri possono chiedere l'autorizzazione per far sposare le loro figlie anche prima e con uomini molto più anziani.

Se il rovesciamento dei Talebani, in Afghanistan, ha permesso l’istituzione di una legislazione moderna – che è ancora molto lontana dall’essere applicata – l’intervento militare in Iraq ha paradossalmente dato le ali agli sciiti integralisti che intendono ritornare su un codice di famiglia, adottato nel 1958, che era uno dei più avanzati dei Paesi musulmani.

In Pakistan, la legge punisce con la morte i delitti d’onore dal 2004, ma non è mai stata applicata.  Secondo il Rapporto Annuale 2008 di Amnesty International, i casi di violenza e stupro sono proseguiti per mano di tutori di donne e lo Stato non è intervenuto a impedire e perseguire la violenza in ambito familiare e comunitario. Nonostante un divieto nei confronti delle jirga, emesso dall'Alta Corte di Sindh nel 2004, l'appoggio ufficiale a questo tipo di giustizia è continuato. Emblematico il caso di Tasleem Solangi, una diciassettenne originaria del distretto di Khairpur, nella provincia meridionale di Sindh, accusata, senza alcuna prova, di immoralità e uccisa, Il 7 marzo scorso, con brutale efferatezza. Spettatore impotente del massacro, il padre di Tasleem, che avrebbe dovuto vendere un terreno allo zio e ai suoi complici. A spalleggiare l’omicida anche un giudice tribale della zona, Karim Bux, che ha esercitato pressioni sulle forze dell’ordine affinché non aprissero le indagini sull’omicidio. Lo stesso Karim Bux, a maggio, ha composto una jirga – un’assemblea tribale – per giudicare il caso, la quale ha  assolto gli assassini e garantito loro l’impunità.

L’Islam e la condizione femminile non presentano affatto un volto uniforme e sono legati, come altrove, alle società e alle tradizioni locali.

 

Daniela دانیلا Zini زینی

 

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postato da: Firouzeh alle ore gennaio 23, 2009 18:09 | Permalink | commenti (1)
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domenica, 11 gennaio 2009

اسير


ترا می خواهم و دانم كه هرگز
به كام دل در آغوشت نگيرم
توئی آن آسمان صاف و روشن
من اين كنج قفس، مرغی اسيرم

ز پشت ميله های سرد و تيره
نگاه حسرتم حيران برويت
در اين فكرم كه دستی پيش آيد
و من ناگه گشايم پر بسويت

در اين فكرم كه در يك لحظه غفلت
از اين زندان خامش پر بگيرم
به چشم مرد زندانبان بخندم
كنارت زندگی از سر بگيرم

در اين فكرم من و دانم كه هرگز
مرا يارای رفتن زين قفس نيست
اگر هم مرد زندانبان بخواهد
دگر از بهر پروازم نفس نيست

ز پشت ميله ها، هر صبح روشن
نگاه كودكی خندد برويم
چو من سر می كنم آواز شادی
لبش با بوسه می آيد بسويم

اگر ای آسمان خواهم كه يكروز
از اين زندان خامش پر بگيرم
به چشم كودك گريان چه گويم
ز من بگذر، كه من مرغی اسيرم

من آن شمعم كه با سوز دل خويش
فروزان می كنم ويرانه ای را
اگر خواهم كه خاموشی گزينم
پريشان می كنم كاشانه ای را



Prigioniera


Ti desidero, ma so che mai
Ti
terrò tra le mie braccia, come anela il mio cuore.
Tu sei quel cielo limpido e luminoso,
Io, in questo angolo della gabbia, sono un uccello in cattività.

Da dietro le sbarre fredde e buie,
Lo sguardo triste, stupito, volto a te,
Penso che una mano verrà
E, improvvisamente, aprirò le mie ali verso di te.

Penso che, in un momento di disattenzione,
Da questa muta prigione spiccherò il volo,
Aggirerò lo sguardo del mio carceriere
E ricomincerò la mia vita accanto a te.

Penso, ma so che mai
Avrò
la forza di lasciare questa gabbia;
Seppure il mio carceriere non si opponesse,
Non vi sarebbe più animo di partire.

Da dietro le sbarre, ogni radioso mattino,
Gli occhi di un bambino mi sorridono;
Quando intono una canzone gaia,
Le sue labbra per un bacio si tendono verso di me.

O cielo, se, un giorno, volessi
Da questa muta prigione spiccare il volo,
Che direi agli occhi in lacrime del bambino:
Perdonami, io sono un uccello in cattività.

Io sono quella candela che, con il dolore del proprio cuore,
Illumina una rovina;
Se decidessi di spegnerla,
Distruggerei un nido.


Traduzione dal persiano di Daniela
دانیلا Zini زینی



Fu intorno ai dodici anni che ebbe fine il sistema di selezionare i libri da leggere ed ebbi libero accesso alla biblioteca. Secondo mio padre, dovevo decidere da sola quello che dovevo leggere: la Letteratura era la mia grande passione e la Letteratura doveva essere accettata con tutti i suoi rischi. Dovevo apprendere a leggere con discernimento, a dare giudizi non influenzati, a non entusiasmarmi perché erano libri di successo, né a giudicare negativamente per l'avversa recensione di qualche critico. Dovevo apprendere a esprimermi con il minor numero di parole possibile.

Questi sono stati i precetti di mio Padre e questa fu l'impostazione culturale che lui mi suggerì.

Forugh Farrokhzad è stata per me un cartello indicatore.

La Poesia, per quanto intellettualizzata poteva esserne l'espressione, era sempre diretta: grido, sospiro, effusione sensuale, affermazione spontanea che nasceva sulle labbra dell'uomo in presenza dell'oggetto amato. Essa mescolava raramente il patetico da un lato, l'elaborazione realistica dall'altro, al suo lirismo o alla sua oscenità quasi puri. Il sentimento di una costrizione morale, il rigore o l'ipocrisia dei costumi non avevano influito sui Poeti antichi come su questa donna del mio tempo. Il gioco delle reticenze e degli schermi letterari, la mescolanza curiosa di rigore e di eccessi, perfino nello stile, e, soprattutto, la segreta amarezza che permeava certi componimenti ne erano un'ulteriore testimonianza. La vergogna e la paura inseparabili da ogni esperienza clandestina conferivano alla Poesia la bellezza di un'acquaforte incisa con il più corrosivo degli acidi. La posizione del Poeta restava quella tipica delle grandi epoche, quella di un Artigiano squisito. La sua funzione si limitava a dare alla più scottante e alla più caotica delle materie la più precisa e la più levigata delle forme. I suoi versi migliori non ci davano delle esperienze o delle idee della loro Autrice che il punto di partenza o quello di arrivo; tralasciavano tutto quello che, anche nei più raffinati, si rivolgeva visibilmente al lettore, tutto quello che rientrava nell'ordine dell'eloquenza o della spiegazione. Così avvezzi a vedere nella saggezza un residuo delle passioni spente, da non riconoscere in essa la forma più forte e più condensata dell'ardore, la particella d'oro nata dal fuoco e non la cenere.

 

Daniela دانیلا Zini زینی

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postato da: Firouzeh alle ore gennaio 11, 2009 10:32 | Permalink | commenti
categoria:poesia, amore, vita, iran, femminismo, forugh farrokhzad, daniela zini